Les journalistes de Gaza sont talentueux, professionnels et dignes. C'est pourquoi Israël les cible | Nesrine Malik

Nesrine Malik - TheGuardian - 18/08
Les meurtres récents ont apaisé le monde et provoqué la condamnation. Mais on dit peu de choses sur le calibre du journalisme palestinien, explique la chroniqueuse gardienne Nesrine Malik

La première fois que j'ai rencontré la tête de l'équipe de Gaza d'Al Jazeera, Tamer Almisshal, était en juillet de l'année dernière. Son équipe avait déjà enterré deux journalistes, Hamza al-Dahdouh et Samer Abu Daqqa. Le reste, m'a-t-il dit, avait faim. Ils avaient également affaire à essayer de me procurer des équipements de protection, des menaces des Forces de défense Israël (FDI) et le meurtre des membres de la famille. Ismail al-Ghoul n'avait pas vu sa femme et son enfant depuis des mois et les manquait intensément. Hossam Shabat, Mohammed Qraiqea et Anas al-Sharif demandaient du temps pour obtenir de la nourriture le matin avant de pouvoir commencer à signaler. Aujourd'hui, ils sont tous morts.

J'ai parlé avec divers membres de l'équipe de Gaza tout en écrivant un profil du vétéran de Gaza, Wael Al-Dahdouh, qui a perdu sa femme, trois de ses enfants et son petit-fils. Tous ont parlé de leur travail comme une obligation qui devait être effectuée malgré les risques. Trois membres de cette équipe ont depuis été tués dans une chaîne d'assassinats. Chaque fois que j'envoyais des condoléances, la réponse a toujours été que la couverture ne cesserait pas. "Nous continuons", m'a dit le rédacteur en chef de Gaza la semaine dernière, après avoir perdu toute son équipe de Gaza City dans la grève ciblée qui a coûté la vie à...
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